Encouragé par Vincent qui connaît quelques déboires avec son modem, je m'inscrit sur ce forum pour vous faire part en priorité de l'article de l'un des journalistes spécialisés qui étaient avec nous durant le WE (Lundi inclus pour Guy). C'est un indépendant, grand connaisseur du milieu de la course et s'est spécialisé dans le "journalisme d'immersion". Je fous fais part de son article qui paraîtra dans les revues spécialisées. Vincent et moi-même en assumons l'intégralité des propos que nous lui avons tenu.
10km de Lacq le 26 mars 2006 : ce fût énorme!!!
[Le dîner du soir précédant la course déjà fût original et très apprécié, les meilleurs coureurs ont été rassemblés pour une veillée d'armes autour d'une pasta-party réservée aux bénévoles du lendemain. Parce qu'ils seraient trop à l'œuvre le dimanche matin, ils avaient ainsi le loisir de rencontrer de prés et de façon détendue les stars du macadam. Cette convivialité a été saluée par les coureurs professionnels. A l'issue du repas, c'était entendu, la course serait très rapide, Mohamed Belasri osant même le pronostic de 28'15"-28'20" pour la victoire. Mais lequel des 7 possibles vainqueurs serait devant…?
"En général, les organisateurs nous opposent et entretiennent le doute en espérant obtenir des combats productifs. Ici à Lacq, ils ont fait exactement le contraire, certainement parce ce qu'on les connaît bien, alors on est parti à fond pour faire la meilleure performance possible, comme ça, pris dans l'ambiance", déclare l'un des nombreux coureurs marocains présents à l'issue de la course.
La valeur des performances s'explique aussi par la présence des hommes de la meilleure équipe française de cross, certainement l'une des plus forte du monde, la Légion Étrangère vient à Lacq faire ses tests de sélection et les organisateurs connaissent chaque prétendant à l'entrée…alors c'est plus facile.
"Notre budget est pourtant très réduit par rapport au plateau réalisé, sans l'armée de terre et la Légion nous n'en serions pas là". L'École des Troupes Aéroportées investit en moyens humains et matériels pour épauler un collectif de bénévoles locaux de plus en plus à l'aise dans les taches qui d'habitude sont réservées à des professionnels de l'évènementiel sportif. A Lacq on sait recevoir mais aussi et surtout travailler. C'est comme ça, un petit village qui réussit là où de grandes villes piétinent, c'est qu'il y a un engagement total et une volonté immense".
Le matin de la course à l'échauffement, les prétendants, un à un se saluent, s'encouragent, la vitesse des lignes droites qui finalisent la montée en température impressionne le public venu nombreux et les coureurs locaux peu habitués à un tel niveau. Jugez plutôt : Errahmouni, Inal, Kiprotich, Bamoh, Tbibi et le jeune El Medouli encore junior sont là devant nos yeux, prêts à en découdre, très concentrés mais néanmoins souriants comme si le seul enjeu était la performance à produire. "Que celui qui est le plus fort gagne!". Plus en retrait, Simon Munyutu le légionnaire, semble déterminé et très en jambe. Meftah Abdelatif, le surdoué marocain, qui au lieu de courir les championnats du monde pour le Maroc sur le cross long en senior est là pour réussir son test d'entrée dans la prestigieuse équipe de la Légion Étrangère. 4° au cross d'Allones, vainqueur des jeux Panarabes sur semi-marathon, il est un favori logique tant sa détermination est grande.
Chez les féminines des vedettes aussi sont présentes : Btisam Lakhouad la marocaine espère courir plus vite qu'à Nice, Elena Pellois la russe souhaite approcher les 35min quant à l'espoir Adeline Roche la roannaise les connaisseurs lui prédisent "un coup". Elle est en forme, elle aime la route, et sa saison de cross s'est déroulée sans blessure. Marion Lorblanchet la jeune triathlète beauvaisienne, licenciée à l'Avenir Aturin club phare de la région Aquitaine en cross-country est là pour remplir les critères imposés par la direction technique nationale de la FFTri à ses athlètes retenus pour la Préparation Olympique 2008. Deux autres russes sont au rendez-vous managées par le premier vainqueur français du marathon de Paris, Louis Soarés.
Dés le coup de pistolet libérateur donné par Mr Guy Cassou maire de Lacq le ton est donné, 2'45" au premier kilomètre et cela s'accélère encore au 2ème. Le peloton s'étire, déjà quelques gros bras sont lâchés, ils ne sont plus que 7 en tête quand au km3, coup de théâtre, Meftah s'arrête pour refaire un lacet, nouvelle attaque en tête, c'est le favori, il ne doit pas recoller, c'est la course, 4 hommes se détachent, Mohamed Belasri est à 20m au km5, la vitesse est ultra rapide : "je me sentais capable de courir sous les 29min mais le rythme était encore plus élevé et je devais suivre, j'ai attrapé un point de côté, devant, ils étaient aujourd'hui plus fort." Aux avants postes Frédéric Denis le bordelais licencié à Neuilly Plaisance Sports est très actif, "je savais le plateau très relevé, j'avais d'abord prévu d'aller courir à Leucate mais je voulais faire un grand chrono pour montrer que je suis compétitif. Une intégration dans une grande équipe fanion militaire ne serait pas pour me déplaire." Mais alors que Denis tente de s'échapper, Simon Munyutu porte une seule et rude attaque qui le portera en tête à partir du 7ème kilomètre. Seul l'élégant Saïd Tbibi suit le fuyard, El Medouli absorbe l'accélération et se sens capable de faire un podium mais c'est sans compter sur la rage de Denis qui le passe au 8ème kilomètre. "J'avais coupé un peu après le France de cross où je fais 9ème sur le long, j'étais reposé, j'avais gagné facilement la semaine précédente à Saint-Médard-en-Jalles, aujourd'hui, je me sentais très fort, mais maintenant j'en suis certain, je peux courir encore plus vite, j'ai fait peu de route jusqu'à maintenant." Qui a oublié que Frédéric a déjà couru le 3000m steeple en 8'21" ?
A l'arrivée, les chronos tombent, les 4 premiers sont en moins de 29min.
Meftah très déçu, n'est pas revenu, 29'12" et 5ème quand même. "Son erreur à ce niveau de compétition est impardonnable, je suis déçu pour lui, je vais l'aider dans son rêve, je crois en lui" déclare Fabrice Morales organisateur et entraîneur, "Meftah est un "crac" à l'état brut, il doit apprendre. Son oncle Amed Malali qui me l'a amené était dans la voiture d'ouverture pour le voir faire la course en tête, le sort en a décidé autrement, mais le talent est là, je ferais tout pour l'aider de mon mieux, il le mérite."
Vincent Etchebeste cheville ouvrière de la compétition dira lui :" le lacet de Meftah a accéléré la course, c'est un bien pour un mal, Munyutu de l'avis de tous était intouchable. La Légion Étrangère est une grande équipe, bien structurée et très professionnelle. J'ai été invité au discours d'avant course fait aux prétendants à l'intégration la veille de la compétition. Les titulaires ne devaient faire aucun cadeau. Le ton du sergent-chef Jean-Patrick Payet était juste, entièrement tourné vers la performance à produire. Cela a été un grand moment pour moi d'assister à cette réunion… J'ai le privilège d'avoir pour ami Fabrice Morales et je l'entends souvent parler à ces athlètes. Comme Payet, le discours est sans concession. Jamais les militaires qu'ils sont tout les deux ne se cherchent à eux ou à ceux qu'ils entraînent ou managent de fausses excuses. Ils mettent souvent en avant le don complet de soi et la fierté de se battre pour un maillot national, pour l'armée, pour le club... Quelle leçon!"
N'oublions pas les performances des filles, Lakhouad, court en 33'46" et la jeune Adeline Roche 35'16" fait un peu mieux que sont précédent record. Elle coura sans doute encore plus vite cette saison. Eléna Pellois 35'45" a tout donnée et Marion Lorblanchet 36'10" réalise ne bonne performance. La locale Cindy Brégnias (FC Oloron) 37'58" était un peu déçue, mais Fabrice dit que "cette fille a un potentiel à 36'30" à très court terme et crois qu'elle avait couru un 15km le dimanche précédent."
Avec toutes ses indications et le discours de ces connaisseurs, nous ne pouvons pas ne pas parler des performances des deux jeunes talents locaux Johan Durand (US Bergerac) 29'23" et Brahim Guerebia (Avenir Aturin) 29'35". "Ses deux là sont la relève que nous espérions tant" Les organisateurs de Lacq soutiennent qu'ils travaillent sans relâche pour permettre l'éclosion de ces jeunes dans notre région. Vincent Etchebeste déclare"Il manque deux choses à nos jeunes talents ici : des clubs vraiment "aidants", et la volonté d'être performant au-delà des frontières du Béarn". "Ça, c'est l'affaire des éducateurs et des dirigeants!" surenchérit Fabrice Morales, "les enfants et les jeunes ne sont pas responsables, leur volonté n'est pas à mettre en cause, l'argument du contexte qui a changé est trop facile, il ne faudrait pas oublier que se sont les adultes qui éduquent les jeunes. Notre région à de vrais atouts mais dans des sports comme l'athlétisme, le triathlon, la natation, elle piétine, regardez les bilans nationaux sur les sites fédéraux…, pourtant les talents sont là sous nos yeux…, c'est attristant, mais c'est comme ça…continuons le combat et notre boulot finira par payer".
C'est sur ces deux là ont de la volonté à revendre et ils s'entendent à merveille. Quand on leur demande s'ils remettront ça l'année prochaine, ils répondent de concert que "rien n'est moins sur, on le fera que si nous sommes vraiment aidés par les entreprises locales. Notre budget est vraiment tiré au cordeau. Nos partenaires actuels sont fidèles et nous les en remercions, mais de nouveaux doivent les rejoindre..."
Après quelques sourires convenus, les deux hommes reprennent un peu amers :" La couverture médiatique aussi, est très mauvaise au niveau local, les petites entreprises ont besoin de cette reconnaissance en tant que sponsors. "Nos partenaires militaires sont passés totalement inaperçus sur les articles de presse du lendemain de course", s'offusque Vincent. "Ils ne sont même pas cités, c'est inadmissible, alors que sans l'École des Troupes Aéroportées et mes bénévoles, je ne peux rien faire. J'espère seulement que le colonel Legrand m'accordera encore sa confiance en 2007. Lacq a besoin de l'expertise technique de son bureau de Sports et de ses moyens". Il s'est passé un évènement sportif majeur à Lacq ce dimanche 26 mars 2006, "les journalistes locaux ne l'ont pas cerné car ils ne l'ont certainement pas compris, ils connaissent très mal l'élite internationale des coureurs sur route". Pour les étrangers cela peut encore se comprendre, "mais ne pas savoir qui est Frédéric Denis, c'est un manque évident de professionnalisme".
Heureusement la presse spécialisée a saisi la dimension de l'évènement. "J'attends les retours dans vos mensuels."
Souriant et pas abattu du tout, L'adjudant-chef Morales dit à son ami en le prenant par l'épaule " allez Bixente ne soit pas triste, il faut être heureux, les athlètes et le public sont pleinement satisfaits, tu as voulu la fête et tu l'as eu, Bandas, repas d'après course, tirage au sort géant et cerise sur le gâteau, les meilleures performances au bilan français. Nous avons l'envie, le parcours, l'ambiance, le public, les bénévoles et les coureurs. Il nous manque de l'argent et des journalistes peut-être plus enclin à mieux parler de nous, mais ça c'est un autre débat…Sois satisfait, pense "grand et beau", tous ensemble nous avons réussi un coup énorme. Après un court instant de pose Fabrice ajoute à l'encontre de son ami :"je te reprocherais seulement de ne pas avoir voulu annoncer la totalité du plateau la semaine précédant la course alors que nous le connaissions depuis 1 mois… toi et ta phobie de faire peur aux coureurs locaux qui auraient la trouille de se perdre au fin fond du classement…la plupart des coureurs Bixente n'ont pas peur, et ceux qui manquent de courage seront de toutes les manières perdants. Les exemples ne manquent pas. Comme les enfants en général les coureurs n'ont que très peu de crainte au début, encore moins de honte, ce sont tous les autres autour qui exercent un si mauvais pouvoir ici qui leur font peur…".
Allez Bixente, c'est totalement vrai, ce fut "ÉNORME".
Guy Jacques]
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« Les mentalités sont plus difficiles à changer que l'ordre politique. »
« Les jaloux détruisent ce qu'ils sont incapables de créer. »
Paul Guth
Résumé de l'edition 2006
(extrait tiré du forum du site)
Par Fabrice Morales, responsable communication de la course
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